Dis-moi ce que tu manges, et je te dirai qui tu es

Mars a été désigné mois de la nutrition! Cette année, les 20 diététistes de l’Hôpital Saint-Boniface veulent nous rappeler à tous que pour vivre en santé il faut manger des aliments qui sont « bons pour nous ».

Tiffany Nicholson

C’est un conseil simple, affirme Mme Tiffany Nicholson, la diététiste à l’Hôpital chargée de l’éducation et de la recherche nutritionnelles, mais manger sainement ne signifie pas la même chose pour tout le monde.

Selon Mme Nicholson, tout dépend de l’état de santé de la personne, de ses préférences alimentaires, et de sa culture et de ses traditions culinaires. « Ce qui constitue un plat nourrissant pour vous n’a pas toujours le même aspect pour une autre personne, explique-t-elle. Par exemple, nous avons tous vu le graphique de l’assiette qu’utilisent les diététistes pour illustrer les portions et les aliments à manger. Et si vous mangez dans un bol au lieu d’une assiette? »

Les personnes qui suivent un régime végétarien ou végan, qui ont développé une allergie alimentaire, ou qui mangent cachère ou halal ont des besoins alimentaires que les diététistes de l’Hôpital doivent satisfaire. Ce sont des professionnels de la santé agréés qui offrent une éducation et des conseils précieux, aussi bien aux patients hospitalisés qu’à ceux qui se rendent dans les cliniques. Elles évaluent les régimes alimentaires des patients, y apportant des modifications en fonction de leurs besoins, et elles mènent des activités de recherche.

Les 20 diététistes de l’Hôpital Saint-Boniface travaillent dans tous les secteurs cliniques de l’Hôpital, précise Mme Nicholson – et elle dit bien « tous »! « Nous œuvrons partout, aussi bien au sein de l’Unité néonatale de soins intensifs (UNSI) qu’à l’Hôpital gériatrique de jour dans le centre commercial Dominion sur la rue Marion. »

« Les besoins alimentaires changent en vieillissant et, bien entendu, les enfants au sein de l’UNSI ont des besoins spécifiques. Quel que soit le secteur de la médecine, il y a un domaine de la nutrition qui s’applique et les diététistes y jouent leur rôle. »

« Les gens pensent souvent que nous jouons le rôle de “police de la bouffe” ou que nous nous limitons à mettre les gens au régime en leur disant quoi manger, mais c’est plus compliqué que cela. »

« Nos diététistes interviennent dans les domaines de la santé mentale, des soins intensifs, de la chirurgie, de la cardiologie, de l’endocrinologie, des soins palliatifs, de la néphrologie, etc. Elles font partie d’une équipe multidisciplinaire au sein de toutes les cliniques de soins hospitaliers et de la plupart des cliniques de soins ambulatoires, affirme Mme Nicholson. Par exemple, si un patient doit être alimenté par perfusion intraveineuse, appelée APT (alimentation parentérale totale), la diététiste travaille de concert avec l’équipe de soutien nutritionnel pour prescrire l’ordonnance alimentaire et surveiller les progrès du patient. Plus tard, elle propose un programme d’orientation en vue du congé de l’hôpital pour favoriser un prompt rétablissement. »

À l’Hôpital Saint-Boniface, Mme Nicholson concentre ses efforts sur la formation des diététistes. « Ma fonction m’amène à former mes collègues diététistes, ainsi que d’autres professionnels de la santé comme les médecins, le personnel infirmier, les pharmaciens et d’autres ». Elle a été nommée au sein du corps professoral de l’Université du Manitoba et elle dirige des projets de recherche et participe à des comités.

« Je donne des cours à mes collègues, par exemple, s’il y a des examens de reconnaissance professionnelle qui sont prévus. Nous nous réunissons en caucus de 15 minutes et j’organise des séances de formation en nutrition à leur intention portant sur différents sujets. »

« Quel que soit le secteur – soins hospitaliers ou ambulatoires – nos diététistes suivent un processus dit de soins nutritionnels, qui consiste à évaluer les besoins des patients et à élaborer un plan de soins nutritionnels en fonction du diagnostic posé. Nous leur parlons bien entendu de leur alimentation et nous leur recommandons les changements à y apporter s’il y a lieu. »

Pour terminer, qu’en est-il de la réputation de la nourriture servie dans les hôpitaux voulant qu’elle soit peu appétissante? Mme Nicholson explique que c’est une réputation qui n’est pas méritée. En fait, les repas sont préparés le jour même. « Ce n’est pas une tâche facile de cuisiner et de servir des repas à un grand nombre de patients provenant de milieux culturels variés et ayant des besoins nutritionnels différents. Avant la pandémie, nos diététistes faisaient régulièrement des tests de dégustation de tous les mets et des différentes consistances que nous proposons et elles y apportaient des changements au besoin pour assurer une amélioration continue de la qualité. »

« De plus, en 2018 durant la Semaine canadienne de sensibilisation à la malnutrition, nous avons effectué des tests de dégustation auxquels plus de 150 membres du personnel y ont participé. Il y avait notamment des directeurs, des gestionnaires, des membres du personnel médical et infirmier, des aides-soignants, des membres du personnel du service d’entretien ménager ainsi que des secrétaires-réceptionnistes d’unité. La plupart d’entre eux, soit 98 %, ont reconnu que la nourriture servie à l’Hôpital était plus savoureuse qu’ils ne l’avaient soupçonné! »

Avez-vous téléchargé le livre de recettes numérique du Mois de la nutrition 2021? Il comprend 15 délicieuses recettes choisies avec soin par des diététistes. Laquelle allez-vous essayer en premier?


Les diététistes sont des professionnels de la santé qualifiés et respectés. Soutenez leur travail à l’Hôpital Saint-Boniface en faisant un don aujourd’hui.