Le 13 mars 2025
La douleur qu’a ressentie Anne Main ce soir-là n’était pas atroce, mais s’apparentait plutôt à de l’inconfort. Imaginez alors son choc lorsque son cardiologue de l’Hôpital Saint-Boniface lui a annoncé, plus tard, que cette consultation lui avait sauvé la vie.
Mme Main et son mari, Bob, tenaient un gîte près de Russell, au Manitoba, à environ quatre heures au nord-ouest de Winnipeg. Par une soirée glaciale de février 2023, elle se trouvait au gîte pour faire le ménage et le réchauffer en prévision de l’arrivée d’un groupe d’invités le lendemain.
Il faisait -32 °C à l’extérieur. En s’accroupissant pour alimenter la fournaise, elle a ressenti une douleur à la poitrine comme elle n’en avait jamais ressenti auparavant. La douleur, quoiqu’inhabituelle et persistante, n’était pas atroce.
Elle a terminé ses tâches, est rentrée chez elle et a dit à Bob qu’elle ne se sentait pas bien. Il lui a apporté de l’eau et un sac de blé réchauffé.

« Nous avons convenu que je devrais aller au Centre de santé Russell, mais j’admets que ma vanité a vite pris le dessus », déclare Mme Main. « Je voulais prendre une douche, me disant que je n’aurais peut-être pas l’occasion de le faire plus tard. » Elle a alors pris une aspirine et la douleur a disparu. Elle a donc avisé Bob qu’elle n’avait plus besoin de consulter.
Mme Main ne se sentait toujours pas mieux, mais elle est quand même allée se coucher, tout en s’assurant de surveiller son état pendant la nuit. « Tout cela n’avait aucun sens. Je mange bien, je ne fume pas et je ne bois pas beaucoup, et je vais à l’aquaforme régulièrement », indique-t-elle.
Les douleurs à la poitrine réapparaissent
Le lendemain, elle se sentait assez bien pour aller au bureau, à l’école Major Pratt de Russell. C’était une autre matinée glaciale; c’était peut-être le climat en fait qui l’avait incommodée.
« Il faut sonner pour entrer à l’école – en marchant vers l’entrée, j’ai vu quelqu’un qui entrait devant moi. J’ai crié ‘Retenez la porte!’ J’ai commencé à courir et, vous vous en douterez, ma douleur à la poitrine est réapparue », déclare-t-elle.
« Cette fois, je me suis rendue directement au Centre de santé Russell, en bas de la rue. Dès que j’ai dit que j’avais une douleur à la poitrine, ils se sont jetés sur moi comme des abeilles sur du miel. J’ai été admise pour plusieurs séries d’examens. »
Le médecin est finalement venu la voir pour lui annoncer qu’elle avait subi une légère crise cardiaque.
Mme Main était sous le choc. Elle se souvient de lui avoir demandé : « Vous voulez dire que je ne peux pas retourner travailler à l’école aujourd’hui? » Elle se sentait bien à ce moment-là, mais il lui a dit que non.
Le médecin lui a pris un rendez-vous pour une angiographie et une intervention chirurgicale à l’Hôpital Saint-Boniface, ajoutant sa visite à près de 47 000 autres visites de patients au programme de sciences cardiaques de l’Hôpital chaque année.
Comme c’était un vendredi, Mme Main est restée toute la fin de semaine au Centre de santé Russell où elle a bénéficié de soins attentionnés.
Cinq endoprothèses
Le lundi, des auxiliaires sont venus la chercher en ambulance pour l’emmener à Winnipeg. « À notre arrivée à l’Hôpital, mon équipe soignante m’attendait! Je me suis sentie si bien entourée, on m’a traitée avec tant de gentillesse! », déclare Mme Main.
Le moment est vite venu pour elle de subir une angiographie, pour voir ce qui se passait avec son cœur. L’examen a révélé que le blocage de ses artères coronaires était plus grave que ce à quoi on s’attendait. Son cardiologue à l’Hôpital Saint-Boniface, le Dr Arjun Gupta, lui a posé cinq endoprothèses – introduites par le poignet et faufilées dans le bras jusqu’au cœur – pour débloquer ses artères.
« J’en ai eu le souffle coupé. J’ai des amis qui en sont morts. »
« Ma sœur venait de subir une crise cardiaque le mois précédent. On lui a alors posé une endoprothèse. Vous vous imaginez ma surprise quand le Dr Gupta m’a appris qu’il m’en avait posé cinq! Je n’en croyais pas mes oreilles », indique-t-elle.
« Le Dr Gupta m’a dit : ‘Anne, vous avez eu beaucoup de chance d’avoir ressenti de la douleur et d’être venue nous voir à l’Hôpital Saint-Boniface’. Trois des cinq endoprothèses qu’il m’a posées ont été placées dans mon artère coronaire principale. Si cette artère s’était complètement obstruée, j’aurais eu droit à ce type de crise cardiaque que l’on appelle en anglais le ‘widow maker’, le faiseur de veuves. J’en ai eu le souffle coupé. J’ai des amis qui en sont morts. J’aurais donc pu être la prochaine? »
Mme Main révèle que ce qui lui a fait vraiment peur, c’est qu’il n’y avait eu aucun signe avant-coureur. Elle a appris plus tard que les femmes peuvent même subir une crise cardiaque sans douleur thoracique, ce qui a bien failli lui arriver.
« J’ai 68 ans et je suis à la retraite, à part mes quelques heures de travail occasionnelles à l’école. En cette période de ma vie, où Bob et moi avons 10 petits-enfants (bientôt 11), je veux vivre! »