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Juin 15, 2026

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Sauver des vies, ça fait du bruit

15 juin 2026

L’une des premières choses que la Dre Zoë Piggott a remarquées, c’est le calme.

C’était en octobre 2025. La première phase du réaménagement et de l’agrandissement du Service de l’urgence de l’Hôpital Saint-Boniface venait d’ouvrir ses portes au public après trois ans de travaux. Les généreux donateurs et donatrices de la Fondation avaient versé plus de 10 millions de dollars au projet.

Désormais, les patients étaient accueillis dans un nouvel environnement spacieux, où l’on pouvait les traiter avec plus d’intimité et de dignité. Et la Dre Piggott, directrice du Service de l’urgence depuis un peu plus d’un an, pouvait enfin s’entendre penser.

« L’une des premières remarques que m’a faites l’un de mes collègues, à la fin de sa première ou deuxième garde dans les nouveaux locaux, a été : “Waouh, il me reste de l’énergie pour rentrer chez moi et me concentrer sur autre chose. Je peux jouer avec mes enfants et penser à ce que je vais faire pour souper – j’ai tout simplement plus d’espace cognitif’’. Il s’est rendu compte que c’était l’absence de bruit de fond », se souvient-elle, assise dans son bureau au Service de l’urgence.

Construit en 1955, l’ancien Service de l’urgence de l’Hôpital Saint-Boniface accueillait un nombre toujours croissant de Manitobaines et de Manitobains, mais a connu très peu de rénovations en près de sept décennies. À mesure que le nombre de patients augmentait et que leurs cas devenaient plus complexes, le niveau de bruit dans ce service très fréquenté augmentait lui aussi. Des patients en détresse, séparés par de simples rideaux. Qui appellent les infirmières pour avoir de l’aide. Qu’on entend difficilement. Des moniteurs cardiaques qui bipaient et sonnaient l’alarme.

« Le niveau de bruit de fond était épouvantable. Nous ne réalisions pas à quel point nous dépensions de l’énergie simplement à faire abstraction de ce vacarme pour pouvoir nous concentrer sur l’essentiel », explique Dre Piggott, qui travaille au Service de l’urgence de l’Hôpital Saint-Boniface depuis plus de 13 ans. (Le Service de l’urgence emploie environ 40 médecins et des centaines d’infirmières, d’aides-soignants, de techniciens, d’agents de sécurité, d’agents d’entretien et de nombreux autres professionnels travaillant par quart.)

« Dans l’ancien Service de l’urgence, nous ne réalisions pas à quel point le bruit affectait l’expérience des patients et celle du personnel. Et cela tenait simplement à la configuration physique du bâtiment. 

« Nous occupons désormais trois fois plus d’espace qu’auparavant. Les patients sont donc mieux répartis, poursuit-elle. Dans la zone de soins intensifs, toutes les salles de soins sont munies de portes qui peuvent être complètement fermées, ce qui réduit considérablement le bruit. Et même dans les zones de soins ambulatoires, des barrières insonorisantes et des demi-cloisons pleines entre les espaces réservés aux patients contribuent grandement à cet effet. »

Agrandissement et construction d’espaces de réanimation

Le cœur de tout service d’urgence est la zone centrale de réanimation où le personnel sauve des vies. Dre Piggott affirme que l’ancien Service de l’urgence était « lamentablement inadéquat » pour l’Hôpital Saint-Boniface.

« Nous étions parfois si à l’étroit dans les salles qu’il fallait faire beaucoup de contorsions pour arriver à loger tout le personnel et l’équipement dont nous avions besoin. Et nous n’avions pas assez d’espaces de réanimation », déclare-t-elle.

Après le réaménagement et l’agrandissement du Service de l’urgence, l’Hôpital Saint-Boniface est passé de deux espaces de réanimation – trois avec un peu de débrouillardise – à quatre espaces désormais toujours ouverts, dotés de grandes portes coulissantes qui permettent de faire entrer tout type d’équipement. Dre Piggott fait remarquer que deux espaces de réanimation supplémentaires sont en cours de construction et ouvriront en octobre 2026.

« Nous avons vraiment renforcé notre capacité à prendre en charge des patients gravement malades en cas d’urgence, comme lors d’une pandémie ou d’un incident impliquant un grand nombre de victimes. J’espère que cela n’arrivera jamais, mais si c’est le cas, nous pourrons accueillir deux patients dans chacune de nos nouvelles salles. La capacité passe ainsi à dix ou douze patients. C’est donc rassurant d’avoir cet atout dans notre manche », dit-elle.

Le garage souterrain contribue au confort des patients

Jusqu’à l’ouverture du laboratoire d’électrophysiologie réaménagé et agrandi, les ambulances venues de toute la ville et de toute la province s’arrêtaient et se garaient devant les portes des urgences, quelles que soient les intempéries.

Pour ne rien arranger, le stationnement des ambulances était en forte pente. « Je me souviens avoir vu les ambulanciers se débattre pour empêcher les brancards sur lesquels se trouvaient les patients de glisser sur la pente verglacée et de finir dans la circulation », se remémore la Dre Piggott. « Ce genre de situation comportait des risques physiques pour tout le monde. »

« Nous disposons désormais d’un garage souterrain couvert, chauffé, ventilé et climatisé pouvant accueillir 14 véhicules d’urgence », a-t-elle déclaré. « Il y a également un portail d’accès direct qui donne sur deux grands ascenseurs à grande vitesse qui vous mènent directement au cœur des urgences. Ils s’ouvrent juste à l’extérieur de la zone de réanimation. Cela réduit les risques, l’inconfort et le temps nécessaire pour transférer les patients et les acheminer là où ils doivent aller. C’est donc une amélioration majeure. »

La détresse des patients à l’urgence est inévitable, explique la Dre Piggott. « Les gens ont peur lorsqu’ils arrivent ici, ils souffrent, c’est souvent le pire jour de leur vie. On ne peut rien y changer. Mais quand on laisse les gens dans un endroit sans intimité, extrêmement bruyant, qui ne respecte même pas la dignité humaine élémentaire – comme des toilettes privées, des installations adéquates ou suffisamment d’espace dans la salle d’attente pour qu’on puisse venir accompagné d’un proche –, ce genre de détresse et ce manque de dignité aggravent encore leur souffrance. »

« Personne ne devrait avoir à subir cela alors qu’on peut l’éviter en améliorant l’infrastructure. Si nous ne pouvons pas changer ce qui est arrivé pour que les patients se retrouvent à l’hôpital, nous pouvons leur offrir une expérience plus digne et moins pénible. Cela en vaut la peine. C’est pour cela qu’on fait ce travail, non? »

 

Merci d’avoir créé un lieu où chaque patient et chaque membre du personnel se sent en sécurité, pris en compte et soutenu.