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Mai 29, 2026

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Les soins infirmiers : le pouvoir de transformer la santé

De gauche à droite : Chloe Dueck, Tolu Akinloya et Eva Marie Duro, de l’Hôpital Saint-Boniface, sont les récipiendaires des prix de la famille Wyrzykowski pour les diplômés en soins infirmiers 2026.

29 mai 2026

Quand Eva Marie Duro regarde ses patients, ce qu’elle voit, ce sont des membres de sa famille.

Eva Marie Duro est infirmière auxiliaire en médecine interne et en oncologie à l’Hôpital Saint-Boniface depuis l’automne 2025. Avec ses collègues Chloe Dueck et Tolulope (Tolu) Akinloya, elle fait partie des trois récipiendaires des prix de la famille Wyrzykowski pour les diplômés en soins infirmiers de cette année.

La famille Wyrzykowski — qui soutient généreusement l’Hôpital depuis de nombreuses années — a mis sur pied un fonds de dotation à la Fondation de l’Hôpital Saint-Boniface en 2019 pour récompenser les diplômés qui obtiennent leur premier emploi en soins infirmiers. Un tirage au sort parmi les 112 candidats admissibles embauchés à l’Hôpital en 2025 a eu lieu en mai.

« Quand je prends soin de mes patients, je vois ma grand-mère. Je vois ma mère. Je vois mon père », confie Eva Marie Duro, qui a grandi aux Philippines. Elle estime que pour réussir, les infirmières doivent y mettre cœur et passion.

« C’est un peu comme une chaîne de bonté », poursuit-elle. « Car mes parents pourraient eux aussi tomber malades un jour. J’aimerais que quelqu’un d’autre prenne soin d’eux comme je le ferais moi-même. Quand je m’occupe d’une personne âgée, je vois ma grand-mère. J’ai l’impression de rétablir le lien avec ma famille restée au pays. »

Eva Marie (à gauche, en compagnie de Sharon Brandt et de Conrad Wyrzykowski Jr., respectivement sœur et frère de la famille donatrice) a déménagé à Winnipeg en 2016 pour rejoindre sa famille, dans l’espoir de trouver « de plus verts pâturages et de nouveaux horizons ». Encouragée par des professionnels de la santé à se lancer dans une carrière d’infirmière, elle a postulé et a été acceptée en 2023 dans le programme de deux ans menant au diplôme d’infirmière auxiliaire du Collège Assiniboine à Portage la Prairie.

Des victoires venues de nulle part

De leur côté, Chloe Dueck et Tolu Akinloya viennent d’obtenir leur baccalauréat en sciences infirmières à l’Université du Manitoba.

Chaque année, les récipiendaires du prix pour les diplômés en soins infirmiers apprennent avec surprise leur sélection.

« J’ai été stupéfaite quand ma responsable m’a convoquée dans son bureau… Faire partie des trois récipiendaires m’a vraiment surprise, car il y a tellement de nouvelles infirmières qui ont obtenu leur diplôme en même temps que nous. J’étais au bord des larmes. Je me suis dit : Mais qu’est-ce qui se passe? Je n’ai rien fait pour mériter ça », se souvient Chloe Dueck, infirmière en salle d’opération à l’Hôpital.

Tolu Akinloya, infirmier volant de l’équipe des ressources spécialisées, a été galvanisé par cette reconnaissance. Au moment où nous écrivons ces lignes, il est affecté à l’unité de chirurgie cardiaque, où il s’occupe de patients postopératoires.

« Pour les jeunes diplômés en particulier, c’est motivant de savoir que l’Hôpital reconnaît le travail accompli. C’est difficile d’être un jeune diplômé. Je pense que le fait que d’autres infirmiers et infirmières vous voient recevoir un prix comme celui-ci les motive aussi : ça montre que le travail accompli est reconnu », explique-t-il.

Être la voix du patient

Eva Marie Duro, Chloe Dueck et Tolu Akinloya croient fermement qu’il est important de défendre les intérêts des patients. Dans de nombreux cas, un patient est littéralement incapable de s’exprimer, lorsqu’il est sous sédation ou souffre d’une affection qui l’en empêche.

Tolu Akinloya souligne sa capacité à percevoir et comprendre les difficultés des personnes hospitalisées, et à les accompagner. « Être capable de savoir quand ils ont besoin de quelque chose; défendre leur droit de l’obtenir », explique-t-il.

« Parfois, l’équipe soignante n’est pas en mesure de voir ce que voit le personnel infirmier ni de constater comment les patients parviennent à exprimer leurs préoccupations auprès du personnel infirmier », précise-t-il. « Comme on est toujours au chevet des patients, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, être capable de défendre leurs intérêts est important. »

« J’ai choisi le métier d’infirmière parce que j’aime aider les gens. J’ai l’impression que cela donne un sens à ma vie. »

Chloe Dueck partage son point de vue. « Surtout au bloc opératoire, les gens sont nerveux à leur arrivée. C’est courant, et c’est tout à fait normal. Vous accueillez la personne et elle vous dit ce que vous devez savoir pour pouvoir défendre ses intérêts auprès des chirurgiens et des anesthésistes. Et même lorsque les patients sont endormis, nous veillons sur eux », ajoute-t-elle. « Nous faisons tous partie de la même équipe et nous sommes là pour eux. »

« J’ai choisi le métier d’infirmière parce que j’aime aider les gens. J’ai l’impression que cela donne un sens à ma vie. Et j’aime être là pour eux lorsqu’ils traversent des moments très difficiles. Je crois que je peux être une lumière pour eux », ajoute-t-elle.

Une famille qui célèbre les soins infirmiers « formidables »

S’exprimant au nom de sa famille avant la cérémonie de remise des prix qui s’est tenue dans l’atrium Everett à la fin de la Semaine nationale des soins infirmiers, Conrad Wyrzykowski Jr. (à droite, aux côtés de Chloe Dueck) a souligné à quel point les infirmières et les infirmiers de l’Hôpital Saint-Boniface sont irremplaçables.

« Les infirmières et les infirmiers sont tout simplement des personnes formidables », a-t-il déclaré. L’idée derrière le fonds de dotation de la famille Wyrzykowski pour les diplômés en soins infirmiers était de les aider à s’établir à l’hôpital et, idéalement, à y rester à long terme.

« C’est pourquoi les critères d’attribution de ce prix sont très larges », a expliqué M. Wyrzykowski. « Vous avez obtenu votre diplôme, vous vous êtes investis, et c’est votre premier emploi. »

« Cette reconnaissance compte beaucoup », a déclaré Eva Marie Duro. « Quand j’ai commencé à l’Hôpital Saint-Boniface, l’un de mes principaux objectifs était de travailler, travailler et encore travailler jusqu’à ce que j’aie remboursé toutes les dettes que j’avais accumulées pour reprendre mes études. J’ai donc enchaîné les gardes pour payer petit à petit mes dettes », a-t-elle ajouté. « Quand j’ai reçu l’appel, cela m’a enlevé un grand poids des épaules. »

Il n’a pas fallu longtemps à Chloe Dueck pour élaborer un plan. « C’est ma responsable qui m’a mis cette idée en tête. Elle m’a dit : Oh! Tu peux donc enfin partir en vacances. Et je me suis dit : C’est vrai, mon mari et moi n’avons toujours pas fait notre lune de miel. Nous nous sommes mariés il y a deux ans. Nous en avons donc discuté; je pense que c’est le bon moment », a-t-elle déclaré.

Eva Marie Duro, Chloe Dueck et Tolu Akinloya s’accordent sur une chose : leur gratitude envers la famille Wyrzykowski. « En tant que jeunes diplômés, c’est vraiment difficile de sortir de l’école de soins infirmiers, tant sur le plan financier qu’émotionnel; c’est épuisant », a confié Chloe Dueck. « C’est donc une aide immense. C’est vraiment très généreux de leur part. »

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