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Sep 15, 2026

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La vie en poésie

Enseignante au secondaire et poète, Vindra Jain a subi une crise cardiaque au travail en septembre 2020, due à une dissection spontanée de l’artère coronaire (DSAC), et a été soignée à l’Hôpital Saint-Boniface. Son parcours en matière de soins cardiaques pour les femmes est un exemple de force et de découverte de soi.

Le 15 septembre 2026

Vindra Jain n’avait pas le temps de subir une crise cardiaque.

Cette enseignante de création littéraire anglaise, poète, écrivaine, épouse et mère de quatre garçons avait un emploi du temps chargé en septembre 2020. « J’avais du pain sur la planche », se souvient-elle. « Quand j’y repense aujourd’hui, je me demande comment j’arrivais à en faire autant. Je ne percevais pas le stress de la même façon que le faisait mon corps. »

En plus d’enseigner à temps plein dans une école secondaire de Winnipeg, elle participait à plusieurs comités professionnels et activités liées à la littératie : un groupe compétitif de récitation de poésie, une équipe d’apprentissage collaboratif pour d’autres enseignantes et enseignants, la Manitoba Reading Association, un magazine d’arts littéraires pour les élèves, et plus encore.

« Ai-je mentionné que je préparais aussi ma maîtrise en éducation, que je rédigeais sous une forme poétique », relate-t-elle?

C’était la première semaine de retour au travail après la pause liée à la pandémie. Elle venait d’achever sa dernière classe de la journée, et ses élèves étaient déjà partis.

« J’ai commencé à ressentir un malaise », dit-elle. « Je me sentais nauséeuse. » Elle a écourté un appel téléphonique concernant une sortie scolaire, mais elle avait tout de même l’intention de terminer un peu de travail avant de rentrer chez elle en auto.

Heureusement, deux membres de la direction de son école se trouvaient dans sa salle de classe pour mesurer les pupitres en vue de la distanciation sociale. L’une d’elles lui a demandé si elle se sentait bien.

« Je lui ai dit : “J’ai la nausée, j’ai chaud, et mon bras me fait mal. Je ne sais pas pourquoi.” Tout en me parlant, elle s’est tournée vers son collègue et a simplement établi un contact visuel avec lui. »

La directrice adjointe a dit à Mme Jain qu’elle croyait qu’elle était en train de faire une crise cardiaque. Cette dernière a tenté de prendre la chose en riant.

« J’ai répondu : “Non, non, non. J’ai autre chose à faire” », relate-t-elle. « “Ce n’est vraiment pas le moment.” Mais j’étais sérieuse. Je ne pouvais pas réellement subir une crise cardiaque, n’est-ce pas? Je pouvais encore marcher, parler et plaisanter. Et j’avais seulement 50 ans. »

Peu après l’arrivée du Service des pompiers et des ambulanciers de Winnipeg à l’école, les pompiers ont conclu que Mme Jain était très probablement victime d’une crise cardiaque. Cependant, elle se refusait encore à y croire.

Puis son époux, Sanjay, est arrivé à l’école. L’ambulance est venue et l’a transportée d’urgence à l’Hôpital Saint-Boniface, tandis qu’il la suivait dans leur véhicule.

Confirmation d’une crise cardiaque due à une dissection spontanée de l’artère coronaire (DSAC)

Même après son arrivée au service des urgences de l’Hôpital Saint-Boniface, elle refusait toujours d’y croire. « J’étais trop jeune, trop en forme, et je ne correspondais pas au profil type d’une victime de crise cardiaque », se remémore-t-elle. « Du moins, c’est ce que je croyais. »

Ses analyses sanguines ont révélé des taux élevés de troponine, une protéine dont la présence indique une lésion du muscle cardiaque. On a annoncé au couple qu’elle avait subi une crise cardiaque due à une dissection spontanée de l’artère coronaire (DSAC). La DSAC est une affection caractérisée par la formation d’une petite déchirure dans la paroi d’une artère cardiaque. Elle peut entraîner des troubles de la circulation sanguine, une crise cardiaque, des anomalies du rythme cardiaque, ou même la mort.

On l’a ensuite transférée au laboratoire de cathétérisme cardiaque pour y subir un angiogramme.

« Tout le monde là-bas savait exactement ce qu’il avait à faire », affirme-t-elle. « Les infirmières agissaient avec un tel professionnalisme, et leurs mains étaient si habiles et délicates. Je ne les remercierai jamais assez. »

« Au laboratoire de cathétérisme, on m’a permis de regarder les écrans – j’ai pu voir le colorant circuler dans mon corps et traverser mon cœur. Le médecin m’a parlé tout au long de l’examen, m’expliquant ce qui se passait et ce que je voyais. »

« Il m’a expliqué que le sang s’accumule à l’intérieur de la déchirure. Ainsi, le sang continue de circuler dans mes veines et de s’écouler dans la déchirure. La déchirure crée un renflement qui exerce une pression sur le cœur, ce qui provoque la crise cardiaque », précise-t-elle.

« Je me souviens d’avoir regardé mon cœur et de m’être dit que je n’avais jamais rien vu d’aussi beau. Il m’a montré où se situaient les lésions au plus profond de mon cœur, et de quelle façon il utilisait l’air pour les réparer en douceur et rétablir une bonne circulation sanguine. »

Les femmes affairées sont prédisposées à souffrir d’une DSAC

Selon les études disponibles, jusqu’à 90 % des cas de DSAC touchent des femmes. La recherche a démontré que cette affection est courante chez les femmes par ailleurs en bonne santé, âgées de 50 ans ou moins. Mme Jain a depuis appris que son mode de vie très occupé était similaire à celui d’autres femmes ayant également souffert d’une DSAC.

« Il n’y a pas de cause unique à la DSAC, mais les femmes comme moi ont des points communs : nous menons des vies bien remplies et actives – tant sur le plan professionnel que personnel et spirituel – et nous sommes très engagées », fait-elle remarquer.

« Le stress qu’éprouve mon corps, mon esprit le perçoit comme quelque chose d’exaltant. J’adore avoir tout un tas de projets en cours en même temps, jongler avec plein de balles en l’air, puis les rattraper avec art. Ça me plaît vraiment. Ce n’est donc pas quelque chose qui m’apparaît comme une source de stress. Mais le corps, lui, le ressent : même si ça nous enthousiasme, ça reste un stress pour notre organisme. »

Écrire le prochain chapitre

« Après ce que j’ai vécu, j’en suis à un stade où je fais le point sur ma vie et je me dis : “Bon, et maintenant?” À savoir, quelle sera ma prochaine grande aventure? Qu’est-ce qui va me rendre heureuse? »

À l’avenir, elle sait qu’elle devra se soucier davantage de sa santé. « Je reste à l’écoute de mon corps, parce qu’une des particularités de la DSAC, c’est que contrairement à quelqu’un qui subit une crise cardiaque classique, on peut continuer à ressentir des douleurs thoraciques », confie-t-elle. « Donc, quand je traverse une journée où j’ai mal, ce que j’appelle “une journée de DSAC”, je me ménage. Je surveille ce qui se passe dans mon corps. »

« Sanjay et moi passons beaucoup de temps ensemble. Il nous tarde d’aborder notre prochaine aventure commune et de voir ce que la vie peut nous apporter. »

« Je veux que les gens connaissent l’existence de la DSAC, et que les femmes qui vivent cette épreuve sachent qu’elles ne sont pas seules », conclut-elle. « Ce n’est pas la fin. »

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