You are creating a healthier society. Donate today.

Vous contribuez à créer une société plus saine. Donnez aujourd’hui.

All Stories

Toutes les histoires

Août 14, 2026

read de lecture

À l’écoute de son cœur 

Août 14, 2026

Lorsque Mabel Garcea a eu sa première crise cardiaque en octobre 2017, aucun de ses résultats d’examens ne permettait d’en déterminer clairement la cause. 

En tant que propriétaire d’entreprise, épouse et mère, Mme Garcea était une femme très active. Entre la gestion de l’entreprise familiale, son métier de designer d’intérieur et la famille, elle n’avait pas le temps de s’inquiéter d’une éventuelle maladie cardiaque. 

«Je n’arrêtais jamais de courir», raconte-t-elle. «Je ne prenais pas de temps pour moi.» 

Elle s’est rendue dans un hôpital de Winnipeg, où on lui a fait passer une angiographie. Les résultats n’ont révélé aucune obstruction ni aucune explication évidente à ce qui s’était passé. 

«Tout semblait normal, mais je ne me sentais pas bien», a déclaré Garcea. «Je n’arrêtais pas de me dire : Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.» 

Le danger immédiat avait été écarté, mais l’absence de réponses la ramenait toujours à la poursuite d’une explication. 

L’année suivante, elle est retournée à plusieurs reprises voir son équipe soignante, car ses symptômes persistaient. Comme ses résultats semblaient normaux, on lui a dit qu’il n’y avait aucun problème. 

«Je repartais avec le sentiment qu’il y avait peut-être autre chose», se souvient Mme Garcea. 

Puis elle a eu une deuxième crise cardiaque en octobre 2018. Et une troisième, en octobre 2019. 

Avec le recul, Mme Garcea explique que l’une des principales leçons qu’elle a tirées est que les crises cardiaques des femmes ne se manifestent pas toujours comme on s’y attend. 

«Je veux que les femmes le sachent», a déclaré Mme Garcea. «Je ne savais pas que j’étais en train de faire une crise cardiaque.» 

Ses symptômes ne correspondaient pas à ce à quoi elle s’attendait. Elle ne ressentait pas une douleur à la poitrine, mais dans le dos. Elle a attendu deux jours avant de se rendre à l’hôpital, pensant que ses symptômes étaient liés à ses poumons. 

«Je pensais que c’était tout autre chose», explique Mme Garcea. 

Après coup, elle s’est même rendu compte que chacune de ses crises cardiaques s’était manifestée différemment. 

Mme Garcea n’est pas un cas isolé. Les maladies cardiaques chez les femmes se manifestent souvent différemment, et les examens classiques ne permettent pas toujours de mettre en évidence ces différences hommes-femmes. 

Après sa troisième crise cardiaque, Mme Garcea a été orientée par son médecin vers un cardiologue de l’Hôpital Saint-Boniface, qui a compris ce qui se passait probablement. 

Il lui a expliqué qu’il était vraisemblable qu’elle souffre d’un MINOCA (Myocardial Infarction with Non Obstructive Coronary Arteries ou infarctus sans sténose significative des artères coronaires), un type rare de crise cardiaque qui survient sans obstruction majeure des artères. Cette pathologie est plus fréquente chez les femmes et peut être difficile à détecter à l’aide des examens classiques. 

À ce stade, Mme Garcea a été aiguillée pour passer des analyses plus spécialisées, effectuées uniquement à la clinique Mayo, dans le Minnesota. 

De retour chez elle, Mme Garcea a poursuivi son suivi à l’Hôpital Saint-Boniface, où elle a bénéficié d’une prise en charge adaptée à sa pathologie. 

Aujourd’hui, elle affirme que cette expérience a changé sa façon d’appréhender sa santé. 

Une nouvelle voie pour les femmes 

Aujourd’hui, près d’une décennie après sa première crise cardiaque, Mme Garcea témoigne de son parcours à l’heure où le Manitoba s’apprête à inaugurer sa première clinique de soins et de recherche cardiaques pour les femmes à l’Hôpital Saint-Boniface. Cette clinique a pour objectif de regrouper des experts et des capacités de diagnostic avancées, afin que les femmes n’aient plus à quitter la province pour obtenir des réponses. 

Pour Mme Garcea, parler de son expérience participe d’une démarche de sensibilisation. 

«Il n’y avait rien dans mon dossier médical», explique Mme Garcea. «Au début, personne ne me croyait, car tout semblait normal. Mais je savais que je n’étais pas dans mon état normal.» 

Elle a également appris à être plus à l’écoute de son corps et à ralentir le rythme dès qu’elle sentait que quelque chose n’allait pas. Au fil du temps, elle a découvert des outils tels que la pleine conscience et la gestion du stress, qui l’ont aidée à reprendre confiance dans sa capacité à prendre soin de sa santé. 

Elle considère que la nouvelle clinique de l’Hôpital Saint-Boniface permettra à d’autres d’éviter l’incertitude qu’elle a elle-même vécue. 

«Cette clinique n’est pas pour moi», a déclaré Mme Garcea. «Je suis déjà passée par là. Elle est pour celles qui me suivront.» 

Pour les femmes de tout le Manitoba, cette nouvelle clinique est synonyme de réponses plus rapides, de soins plus spécialisés et de l’espoir que moins d’entre elles passeront des années à chercher un diagnostic. 

Défendez la santé cardiaque des femmes. Faites un don dès aujourd’hui.