You are creating a healthier society. Donate today.

Vous contribuez à créer une société plus saine. Donnez aujourd’hui.

All Stories

Toutes les histoires

Fév 18, 2026

read de lecture

Voir à travers les murs… du corps!

Le Dr Dana Moffatt, directeur médical de l’endoscopie, affirme que le nouvel échographe endoscopique de l’Hôpital Saint-Boniface est « une technologie vraiment révolutionnaire… » et ajoute : « Nous sommes très, très heureux de l’avoir. »

18 février 2026

Les parois intestinales ne sont plus des murs infranchissables pour le Dr Dana Moffatt et son équipe de l’Hôpital Saint-Boniface.

Grâce à de l’équipement de pointe financé par des donateurs de la Fondation comme vous, l’équipe d’endoscopie thérapeutique et le Dr Moffatt, gastro-entérologue et directeur médical de l’endoscopie à l’Hôpital, peuvent désormais diagnostiquer plus rapidement et plus précisément les cancers chez les patients.

Quatre nouveaux instruments réutilisables appelés échographes endoscopiques, qui ont été acquis grâce aux dons faits à la Fondation, ont été largement utilisés dans l’unité d’endoscopie en septembre 2025.

« L’endoscopie traditionnelle consiste à insérer une caméra fixée à un long tube fin et souple dans les intestins. Habituellement, nous examinons l’œsophage et l’estomac, ou bien le côlon et le rectum », explique le Dr Moffatt. « Grâce à ces échographes endoscopiques, nous pouvons bien sûr examiner l’intérieur des intestins, mais ils sont également équipés d’une sonde à ultrasons à leur extrémité, qui nous permet de voir à travers les parois intestinales et d’observer les organes adjacents », poursuit-il.

« Nous pouvons donc examiner le pancréas depuis l’estomac. Ou examiner la prostate et les autres organes pelviens depuis le rectum. Cela nous permet d’examiner plus en profondeur les parois intestinales afin de déterminer le stade du cancer ou d’observer entre les couches », ajoute-t-il, en expliquant qu’avant l’échographe endoscopique, il devait souvent recourir à des examens complémentaires, notamment par IRM ou tomodensitométrie, ce qui obligeait les patients à faire des allers-retours entre les services.

L’échographe endoscopique permet également aux médecins de prélever des biopsies à l’aide d’une aiguille fine. « Nous pouvons aller dans le pancréas ou dans le foie pour faire des biopsies, ce qui est impossible avec une sonde classique. Et c’est important : cela permet un diagnostic plus rapide et plus précis des cancers », explique-t-il.

« Ce qu’il faut retenir, pour les patients, c’est que cela permet de diagnostiquer rapidement des tumeurs n’importe où dans la cavité abdominale ou thoracique, puisque nous utilisons un endoscope. Nous n’avons pas besoin de les envoyer passer une biopsie chirurgicale, une IRM ou une biopsie guidée par tomodensitométrie. Nous pouvons tout faire en même temps. »

Le Dr Moffatt peut également utiliser l’échographe endoscopique pour diagnostiquer des troubles tels que des calculs dans les canaux biliaires ou la vésicule biliaire. Depuis 40 ans, l’Hôpital Saint-Boniface pratique une intervention endoscopique guidée par imagerie radiologique, la CPRE, pour ouvrir les canaux et les nettoyer de l’intérieur. Cette vieille intervention est plus invasive.

« L’un des vrais avantages de l’échographie endoscopique est qu’elle nous permet de limiter le recours à la CPRE, car elle nous offre un diagnostic plus précis, plus sensible et plus fiable des troubles liés aux voies biliaires et au pancréas. Auparavant, nous pratiquions souvent la CPRE, et parfois nous trouvions des calculs, parfois non. Nous pouvons désormais utiliser cette intervention plus invasive avec plus de discernement », souligne-t-il.

Une intervention extrêmement rare pratiquée à l’Hôpital Saint-Boniface

L’Hôpital Saint-Boniface peut également utiliser ces nouveaux échographes pour des interventions plus avancées et spécialisées, dans certains cas. En novembre 2025, le Dr Moffatt et le Dr Gerard Coneys ont d’ailleurs pratiqué une intervention qui était une première dans le traitement du cancer dans tout l’Ouest canadien.

Le patient, âgé de 94 ans, était trop fragile pour subir une intervention chirurgicale visant à traiter le type de cancer dont il était atteint, à savoir une tumeur des cellules productrices d’insuline dans le pancréas. La tumeur était petite : elle ne mesurait qu’environ un centimètre.

« Traditionnellement, si cette personne avait été [d’âge moyen], elle aurait subi une intervention chirurgicale plus invasive pour retirer une partie de son pancréas », précise le Dr Moffatt. « Nous continuons de penser que l’ablation chirurgicale de ces tumeurs est la meilleure option si l’intervention est possible. »

Au lieu de cela, avec son patient âgé, le Dr Moffatt a utilisé l’échographe pour insérer une aiguille directement dans la petite tumeur. Il avait alors le choix entre injecter un agent chimique ou pratiquer une ablation par radiofréquence afin de détruire la tumeur localement sans avoir à recourir à une opération.

« Nous avons localisé la tumeur grâce à l’échographie endoscopique. Nous avons inséré une aiguille à travers la paroi de l’estomac dans la tumeur du pancréas et nous avons injecté de l’éthanol à 100 % pour la détruire. Et cela a très bien fonctionné. Son taux d’insuline a baissé, sa glycémie est revenue à la normale et il a pu quitter l’hôpital trois jours plus tard », se réjouit-il.

Cette intervention peu courante, qui n’a été pratiquée que quelques fois ailleurs au Canada, n’était pas sans risque. « Nous avons dû nous lancer en toute connaissance de cause », ajoute-t-il. « Il était impossible de prévoir comment le patient allait réagir. Allait-on résoudre le problème, n’obtenir aucun résultat ou aggraver la situation? »

« Heureusement, tout s’est bien passé. Il n’y a eu aucune complication, aucune douleur, et aucune période de convalescence n’a été nécessaire. Le patient se sentait bien et a pu manger le jour même. »

« Il s’agit encore d’une intervention très récente. Mais chez les patients qui ne peuvent pas subir d’intervention chirurgicale pour ce type de tumeur pancréatique, oui, nous sommes tout à fait prêts à réessayer cette technique et à la proposer comme option. »

Veillez à ce que l’Hôpital Saint-Boniface reste à la fine pointe de la technologie médicale. Faites un don dès aujourd’hui.