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Nov 26, 2025

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Le rythme de la cuisine

Quiconque a déjà passé du temps dans une cuisine sait que la préparation des aliments nécessite des mouvements. Couper, soulever, pétrir, voire même secouer les hanches, font tous partie intégrante de la cuisine et de la pâtisserie.

 

Alexandra Elliott, danseuse et chorégraphe contemporaine locale, et des dizaines de membres du personnel de la cuisine du service de restauration des patientes et patients de l’Hôpital Saint-Boniface ont mis ces mouvements en valeur dans le cadre de l’Hospital Kitchen Project.

 

 

 

Il y a près d’un an, hannah_g, conservatrice de la galerie Buhler de l’Hôpital, a proposé à Alexandra Elliott l’idée d’un projet de danse contemporaine et de film. Avec Carla Williams, responsable des services alimentaires, elle a invité Alexandra Elliott à observer pendant plusieurs mois les activités de la cuisine de l’Hôpital, où le personnel prépare des centaines de repas nutritifs à partir de produits frais, 365 jours par année.

« Dès que je suis descendue dans la cuisine en janvier, j’ai tout de suite vu de la danse », se remémore la chorégraphe. « J’ai vu du mouvement. J’y ai perçu une chorégraphie, car le personnel effectue des tâches répétitives pendant de longues périodes. La façon dont ces personnes bougeaient, même simplement les unes autour des autres, était magnifique à voir. »

Leurs mouvements lui ont inspiré un numéro de danse novateur, qui se déroule dans la cuisine même. Elle a fait participer les membres du personnel à des prestations en direct, qui ont eu lieu les 11 et 12 novembre et ont été filmées par la cinéaste locale Kayla Jeanson. La musique était celle du duo américain Sofi Tukker et de la conceptrice sonore locale Dasha Plett.

« J’ai créé des phrases gestuelles pour le personnel », explique Mme Elliott. « Des mouvements, principalement avec mes bras, inspirés par ce que ces personnes faisaient. Par exemple, je voyais le personnel retourner une tranche de pain pour faire des sandwichs, encore et encore. Le premier mouvement est donc de retourner, le suivant est de tirer, on place quelque chose sur l’étagère du haut, on essuie l’eau sur ses bras et on pousse quelque chose sur le côté. Ces cinq gestes sont répétés, encore et encore. »

Une danse en six volets

L’Hospital Kitchen Project a entraîné le public dans un parcours à travers six stations de cuisine différentes, explique la chorégraphe.

« J’ai dansé en solo dans certaines de ces stations; dans d’autres, notre public invité a pu observer le personnel au travail, et a même pu le voir danser », raconte-t-elle.

L’enveloppement des couverts dans les serviettes a donné le coup d’envoi de la séquence de danse au premier poste. « Le personnel est assis à son poste et enveloppe des couverts en métal et en plastique toute la journée. J’ai trouvé très

agréable de m’y joindre pour accomplir cette tâche », poursuit-elle. « J’ai pu échanger avec ces personnes individuellement ou en petits groupes. La tâche consistant à envelopper des couverts pendant une heure a eu sur moi un effet apaisant pendant que je concevais le projet. »

Elle a donné aux membres du public invité l’occasion d’envelopper leurs propres couverts pendant cette partie des représentations, qu’ils ont ensuite utilisés pour goûter certains des plats de l’Hôpital.

En passant par la cuisine pour se rendre à la deuxième station, le public a pu voir le personnel travailler en temps réel sur la chaîne de plateaux, où les plats sont préparés pour être livrés dans tout l’établissement.

La boulangerie était la destination suivante, où l’artiste a effectué un solo. « Ensuite, le public a regardé le personnel danser dans l’allée à l’intérieur de la cuisine », relate-t-elle.

 

Le ton du spectacle s’est fait plus corrosif lorsque la chorégraphe a guidé les groupes vers le quai de chargement attenant à la cuisine, où était garée une camionnette de l’Hôpital. « C’est un espace différent, sale, industriel et froid », dit-elle. « La température y est plus fraîche. J’ai dansé là, à l’intérieur de la camionnette. »

Denice, une employée de la cuisine, a joué le rôle principal dans la cinquième station, la plonge. Là, le public a pu l’entendre raconter ses souvenirs liés à des plats réconfortants et à son enfance.

« J’avais mené des entrevues ou tenu des conversations avec des membres du personnel comme Denice pour leur demander : “Qui, dans votre vie, a pris soin de vous en vous cuisinant des plats, et que vous préparait cette personne?” Elle m’a parlé de ce que ses parents et sa grand-mère lui préparaient. Elle a grandi aux Philippines, où la cuisine se trouvait à l’extérieur. Nous avons donc pu profiter de cette belle scène qu’elle a dépeinte devant nous. À travers ses souvenirs et ses récits. »

Les présentations de l’Hospital Kitchen Project se sont achevées comme elles avaient commencé, avec le personnel en train d’envelopper les couverts dans des serviettes. Les membres du public ont pu déguster un bol de soupe du jour, ainsi que des produits frais provenant de la boulangerie. Pendant qu’ils mangeaient, Mme Elliott a conclu par une petite histoire sur son père et les plats qu’il lui préparait lorsqu’elle était enfant.

Le film The Hospital Kitchen Project sera projeté à la Galerie Buhler jusqu’au 21 janvier 2026. L’entrée est libre. 

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