Partage pour la santé cardiaque des femmes

En ce jour où de nombreux Canadiens et Canadiennes portent du rouge pour montrer qu’ils soutiennent la santé cardiaque des femmes, Kendra Rempel et Patti LeBlanc, deux anciennes patientes des services de soins cardiaques de l’Hôpital Saint-Boniface, ont raconté comment leur crise cardiaque – une dissection spontanée de l’artère coronaire (DSAC) – a changé leur vie.

Les deux femmes ont participé à Living With SCAD, une présentation et une table ronde virtuelles animées par les sections du Manitoba et de la Saskatchewan de l’Alliance nationale de la santé cardiaque des femmes (l’Alliance), de concert avec l’Hôpital Saint-Boniface et la Fondation des maladies du cœur du Manitoba.

La présentation faisait partie des activités virtuelles gratuites organisées tout au long de la journée du samedi 13 février, afin de promouvoir les plus récentes données scientifiques, les avancées en recherche ainsi que les stratégies de prévention et de mieux-être en lien avec la santé cardiaque des femmes. Le gouvernement du Manitoba a officiellement proclamé le 13 février journée nationale Tout le monde en rouge.

L’Alliance a mis sur pied Tout le monde en rouge, qui en est maintenant à sa troisième année, pour attirer l’attention sur la santé cardiaque des femmes et la maladie du cœur dans toutes les régions du pays. La maladie du cœur est la première cause de décès chez les femmes dans le monde et elle touche les femmes de tout âge.

Une DSAC est la formation d’une petite lésion dans l’un des vaisseaux sanguins du cœur, ce qui peut entraîner des problèmes de circulation sanguine, une crise cardiaque, de l’arythmie cardiaque, voire la mort.

J’ai 28 ans et ce qui m’a vraiment frappée, c’est que j’étais active et en bonne santé, je n’avais aucune idée des risques ni de ce qui pourrait m’arriver. Lorsqu’on m’a d’abord dit à l’Hôpital général du district Portage (avant mon transfert à l’Hôpital Saint-Boniface) que je faisais une crise cardiaque, je n’y croyais pas vraiment. J’ai mis un moment à comprendre ce qui se passait, poursuit-elle. La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est : “Comment vais-je l’annoncer à ma mère?” »

« À l’âge de 28 ans seulement, subir une crise cardiaque ne me paraissait pas possible. »

Mme Rempel n’a reconnu les signes précurseurs qu’après coup. « Avant ma crise cardiaque, j’ai souffert de nausées pendant une semaine complète. Je prenais plusieurs comprimés de Gravol par jour et j’avais une douleur au dos entre les omoplates. Puis, j’ai ressenti cette douleur thoracique. »

La DSAC touche les jeunes femmes

Les femmes victimes de crise cardiaque présentent souvent des symptômes différents de ceux des hommes. En fait, les études démontrent que près de 53 % des femmes qui présentent des symptômes de crise cardiaque ne savent pas les reconnaître.

« Les signes d’une crise cardiaque se manifestent habituellement par une pression et un serrement désagréables à la poitrine », explique la Dre Olga Toleva, cardiologue interventionnelle à l’Hôpital Saint-Boniface, qui a pris la parole pendant la présentation. Les symptômes courants d’une crise cardiaque chez les femmes comprennent l’essoufflement, la sensation de pression ou de douleur à la partie inférieure de la poitrine ou à la partie supérieure de l’abdomen, les étourdissements ou l’évanouissement, une sensation de pression au haut du dos ou la fatigue extrême.

La Dre Olga Toleva, cardiologue interventionnelle à l’Hôpital Saint-Boniface

Jusqu’à 90 % des cas de DSAC surviennent chez des femmes, elle est fréquente chez les jeunes femmes en bonne santé de moins de 50 ans, comme Mme Rempel, et peut aussi survenir durant la grossesse.

La DSAC peut être causée par des situations émotives et stressantes, des déclencheurs physiques comme un entraînement musculaire ou à haute intensité et la course de fond, les complications d’une grossesse, des déclencheurs hormonaux, des prédispositions génétiques et une maladie appelée dysplasie fibromusculaire, comme l’a indiqué la Dre Toleva à l’auditoire sur Zoom.

Une marathonienne prise de court

Ancienne patiente des services de soins cardiaques de l’Hôpital Saint-Boniface, Patti LeBlanc, qui habite Winnipeg, figurait également parmi les conférenciers. Il y a cinq ans, alors qu’elle était âgée de 50 ans, elle avait un mode de vie exemplaire : elle s’entraînait en vue d’un ultramarathon de 50 km, mangeait bien et prenait soin de sa santé.

Mais au moment de ramasser sa mijoteuse pour se rendre à un repas-partage à son église, Mme LeBlanc s’est « explosé une artère », comme elle le dit. « Je n’avais pas le profil type des victimes de crise cardiaque; j’étais une coureuse de fond », dit-elle. Elle a eu l’impression qu’un éléphant s’était assis sur sa poitrine.

C’est plus facile avec le temps, affirme Mme LeBlanc. Je me souviens que la première année a été difficile, recommencer à faire quelque chose pour la première fois me faisait peur. Toutefois, je me suis finalement remise à la course. Au début, je ne courais pas très vite et je suis même encore plus lente aujourd’hui. J’écoute religieusement mon rythme cardiaque, je cours avec un groupe de partenaires dévoués, et lorsque mon rythme cardiaque est supérieur à 130 battements par minute, nous arrêtons tous et marchons.

Ça va mieux. Je suis devenue plus forte et j’ai écouté mon corps », assure-t-elle.


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